Histoire







Histoire

L’origine de l’olivier s’est perdue dans le temps ; elle coïncide et se confond avec l’expansion des civilisations méditerranéennes qui, pendant des siècles, ont régné sur le destin de l’humanité et ont marqué la culture occidentale.

L’olivier sauvage est originaire d’Asie Mineure, où il est très abondant et pousse en forêts épaisses. Il se serait répandu en Grèce à partir de la Syrie, en passant par l’Anatolie (De Candolle, 1883) ; d’autres hypothèses situent cependant son origine en Basse Egypte, en Nubie, en Ethiopie, dans les montagnes de l’Atlas ou dans certaines régions européennes. Pour cette raison, Caruso a pensé qu’il poussait dans le bassin méditerranéen dans son entièreté, et il considère que l’Asie Mineure fut le lieu de naissance de l’olive cultivée, il y a six millénaires. Les Assyriens et les Babyloniens étaient les seules civilisations antiques de cette région auxquelles l’olivier n’était pas familier.


L’olive : un mythe vieux de 4000 ans

L’olivier : un arbre fruitier à feuilles persistantes. Sa contribution au développement social, culturel et biologique des peuples de la Méditerranée a été cruciale. Son nom dérive du terme grec « elaia », mais ses origines se perdent dans les profondeurs du temps et du mythe. Il constitue un symbole puissant et primordial, lié inextricablement à la culture du Roi Minos, de la « Mycènes dorée », d’Homère, de Platon, d’Aristote, d’Alexandre le Grand et de Byzance. Il a été associé pendant des milliers d’années aux traditions et aux rites ruraux des trois péninsules du sud de l’Europe, mais pas uniquement, puisqu’il est considéré comme un arbre sacré dans toutes les religions monothéistes du bassin méditerranéen, y compris en Asie Mineure et en Afrique du Nord.

Présent divin offert aux Grecs, selon le mythe, l’olive fut associée à la sagesse mystique, à la compétition honnête, à l’humilité du suppliant, au faste des rituels festifs, à l’hospitalité sacrée, à la pitié, à la force et à l’abondance.

L’huile d’olive, le jus précieux du fruit de l’olivier, qu’Homère – le père de l’épopée – décrivait comme de « l’or liquide » et Hippocrate comme « un excellent remède », continue encore aujourd’hui de prévaloir sur les autres matières grasses et huiles dans des régimes de qualité et dans l’art de la haute cuisine, grâce à son arôme unique, à son goût délicieux et à ses bienfaits pour la santé.


L’huile d’olive en Grèce et dans le monde du 21ème siècle

Actuellement, dans la Grèce de la Méditerranée touristique, dans l’Union Européenne et dans l’économie mondiale, l’olivier continue de jouer le même rôle important qu’il jouait il y a des milliers d’années. Il nourrit, embellit, soigne, orne, couronne les vainqueurs olympiques, inspire les poètes et les prosateurs ; la couleur unique de ses feuilles et son tronc remarquable, semblable à une sculpture, dominent les versants des collines et les plaines, et caractérisent ce que l’on appelle le « paysage grec ».

Odysseas Elytis, le poète grec qui s’est vu décerner le prix Nobel de littérature, a écrit : « Décomposez la Grèce et vous verrez qu’il ne restera pour finir, qu’un olivier, une vigne et un bateau. Autrement dit, avec les mêmes éléments, vous pouvez la recomposer. »

Lors des Jeux Olympiques de 2004 à Athènes, 2550 couronnes d’olivier ont été utilisées pour couronner les vainqueurs, comme le veut la tradition. L’huile d’olive est le produit national grec par excellence, comme le prouvent les statistiques impressionnantes de l’oléiculture grecque. Le pays compte 160 000 000 oliviers, qui produisent annuellement environ 420 000 tonnes d’huile et 100 000 tonnes d’olives de table. Au moins 650 000 familles ont un revenu qui provient de ce produit, soit qu’elles cultivent la plante, soit qu’elles travaillent dans l’un des 2500 pressoirs à olives du pays ou dans l’une des 300 usines de conditionnement. La consommation annuelle moyenne d’huile d’olive par personne est de 20 litres en Grèce, alors qu’elle est de 11 litres par personne dans le pays suivant sur la liste.

La Grèce occupe la troisième place mondiale quant à la production d’olives et d’huile d’olive : elle représente 16% de la production d’huile et 7,2% de la production d’olives de table. 80% de l’huile d’olive grecque appartient à la catégorie de l’huile d’olive vierge extra, dont l’acidité ne dépasse pas 0,8°, assurant ainsi à la Grèce la première place parmi les pays producteurs.

Origines

Les origines de l’olivier sont perdues dans le temps ; cependant, les archéologues pensent que des arbres poussaient en Méditerranée il y a 60 000 ans. Même si les les olives sauvages ont sans doute été récoltées dans le passé, les spécialistes ne sont pas d’accord quant à l’époque et à l’endroit où les premiers arbres ont été cultivés. Cependant, les plus anciennes traces connues de système de stockage de l’huile d’olive remontent à 3500 ACN et ont été trouvées en Crète. Les restes d’amphores trouvés sur l’île ont mené à considérer que c’est là qu’ont été cultivés les premiers arbres.


La tradition de l’huile d’olive

Chaque enfant qui entend l’histoire de l’arche de Noé pour la première fois se souviendra de la colombe qui apporte un rameau d’olivier en guise de message de paix. Les oliviers sont inextricablement liés à l’histoire des civilisations. Même dans des endroits où l’olivier ne pousse pas, le fruit de cet arbre revêt une grande importance.


Des arbes indispensables

Les oliviers n’étaient pas seulement prisés à cause de la valeur nutritionnelle de leurs fruits : leur huile alimentait les lampes, leur bois pouvait être brûlé, être utilisé pour réaliser des meubles, ou encore servir de matériau de construction. Les olives écrasées (après le pressage) ont probablement servi à nourrir le bétail, et leur huile était souvent utilisée comme onguent ou lotion (l’huile d’olive est encore utilisée actuellement dans la fabrication de savon).


Un statut emblématique

Le caractère précieux de l’olivier en a naturellement fait une icône. Les civilisations antiques offraient des olives aux dieux et la beauté de l’arbre, ainsi que sa symbolique, ont souvent été représentées dans l’art, les bijoux, la littérature et le sport. Les athlètes des Jeux Olympiques étaient toujours représentés avec une couronne d’olivier ; ils utilisaient en outre l’huile d’olive comme lotion pour leur corps. Un aspect remarquable des Jeux Olympiques d’Athènes de 2004 était l’image des vainqueurs, de nouveau couronnés d’olivier alors qu’ils recevaient leur médaille.


Cérémonie

La tradition religieuse du respect envers la nature a mené différents groupes religieux à adorer l’olivier et ses fruits. L’huile d’olive est utilisée dans des cérémonies d’enterrement, dans des baptêmes, dans des festivals liés à la récolte. Les marins la répandent sur les eaux en furie, considérant que cela va ramener le calme. Encore de nos jours, en Grèce, à la naissance d’un bébé est associée la plantation d’un olivier.


Des propriétés curatives

L’huile d’olive a toujours joué un rôle vital en médecine. Les premiers Chrétiens considéraient qu’elle pouvait soigner les blessures ; elle a été utilisée pour soigner la fièvre, traiter les empoisonnements, blanchir les dents, soigner des maladies de la peau, y compris la lèpre ; elle a même été utilisée comme aphrodisiaque. En Grande-Bretagne, avant que l’huile d’olive ne devienne un ingrédient courant dans la cuisine après 1960, de nombreuses personnes associaient l’huile d’olive à un traitement pour le mal d’oreilles, et les cuisiniers qui voulaient utiliser de l’huile d’olive dans une recette dans les années 1950 devaient se la procurer en pharmacie plutôt qu’en épicerie !


Importance économique

L’huile d’olive a voyagé grâce aux grandes nations de marins marchands. Les Phéniciens voyageaient avec de grandes amphores d’huile, peut-être même jusqu’en Grande-Bretagne. Les Romains, convaincus des propriétés curatives de l’huile d’olive, ont pris soin qu’elle soit distribuée largement à travers leur Empire. Depuis lors, la production d’huile d’olive n’a jamais cessé d’être un facteur essentiel dans l’économie des principaux pays producteurs.

L’identité de l’olivier

• Il pousse principalement le long de la côte méditerranéenne. 98% de la production d’huile d’olive a lieu dans des pays du bassin méditerranéen (Grèce, Italie, Espagne, Turquie, Maroc, Tunisie).
• Il peut vivre des milliers d’années.
• L’olivier ne produit pas d’olives pendant les sept premières années de sa vie.
• Il pousse et devient productif de ses 7 à ses 35 ans.
• Sa période de maturité se situe entre 35 et 140 ans ; c’est alors que son rendement est maximal.
• Après 150 ans, son rendement diminue, mais il continue de fleurir chaque année.
• Sur cent fleurs, seules cinq donneront du fruit.
• Chaque arbre produit 20 à 30 kg d’olives.
• 4 à 6 kg d’olives sont nécessaires pour produire 1 litre d’huile d’olive.